Trop tard pour débattre de la planche à billets, urgent de parler des vraies réformes

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Lies Kerrar

Economiste et spécialiste des questions financières, Lies Kerrar dirige actuellement le cabinet Humilis, qui active dans les services et conseils en ingénierie financière. 

 

 Il est trop tard pour débattre du recours à la planche à billet, mais il est urgent de parler en détail des vraies réformes et de leur mise en œuvre, estime Lies Kerrar, expert financier et président de Humilis Finance.

 

 

 

 Le gouvernement vient d’entériner la décision de réformer la loi sur le crédit et la monnaie pour recourir à la planche à billets afin de «  financer le déficit du budget de l’état,  financer la dette publique interne, et  allouer des ressources au Fond National d’Investissement ». Est-ce que cette démarche est économiquement  soutenable ?

 En septembre 2017, c’est un peu tard pour réfléchir ou débattre de cela. Il y a un an était déposée au parlement la loi de finance 2017 avec des déficits sans sources de financement connues.  Le recours à la création monétaire est la conséquence arithmétique de cela.

 Certains économiste est financiers considèrent que le recours à la planches à billets est une « solution de facilité » qui risque de générer des dérives graves des finances publique en  dépouillant notamment la Banque d’Algérie de sa prérogative de lutte  contre l’inflation qui est sa principale mission.  Quels sont, selon vous, les risques que peut générer cette démarche ?

 Il n y a pas de risque au sens que le terme « risque » se réfère à de l’incertitude. Dans notre cas, on a la certitude, compte tenu des données actuelles, qu’on devrait s’attendre à de l’inflation.

 Pour parer au déficit budgétaire auquel fait face le pays, y a-t-il, selon vous, une alternative à la planche à billets ?

 Non, à moins de recourir à de la dette extérieure, ce qui n est pas une bonne chose quand il s’agit de financer du déficit budgétaire plutôt que financer des investissements générateurs de dollars ou euros. Reste la possibilité de lever la dette localement. Mais pour cela il faut un certain niveau d’effort à faire pour communiquer un plan de réformes crédible, et du savoir-faire dans la mise en œuvre, sans résultats garantis à court terme. Or, il semble qu’il s’agit là de financer des déficits déjà budgétisés pour cette année. 

 Mais au delà, ce qui est important, c’est de mettre en œuvre sans délai de véritables et profondes réformes. C’est des réformes et de leur mise en œuvre  dont on devrait parler en détail. C’est de perspectives concrètes dont nous avons besoin pour que les acteurs économiques aient confiance et entreprennent.

Source: 
maghreb emergent