La réduction des importations est le pire des instruments face au déficit

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slim othmani

Maghrébin, il l’est, personnellement, jusqu’au bout des ongles. Algérien de naissance, Slim Othmani est également Tunisien de fait et de droit, puisque marié à une Tunisienne, Rym Hachicha, à laquelle il est associé dans le groupe bâti autour de Cérès Conseil que le groupe avait racheté voici quelques années.

Son ambition est aujourd’hui de devenir un entrepreneur maghrébin. En effet, cet ingénieur informaticien, spécialisé dans les réseaux -qui a fait ses études supérieures pour l’essentiel en Tunisie, à la Faculté des Sciences de Tunis et à la South Mediterranean School of Business de Tunis- cherche depuis quelques années à donner une dimension maghrébine à l’entreprise familiale –Nouvelle Conserverie Algérienne (NCA), spécialisée dans les jus de fruits- qu’il dirige depuis dix ans.

 

 Le gouvernement algérien ignore toutes les pistes pour faire au déficit pour focaliser sur la réduction des importations qui est le ‘’pire des instruments’’ a estimé Slim Othmani alors que les IDE et les transferts de la diaspora devraient être l’objectif principal.

 

La rationalisation des importations est le pire instrument utilisé par le gouvernement algérien pour équilibrer la situation financière du pays, selon Slim Othmani, président de NCA Rouiba et du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) qui s’exprimait lundi sur Radio M.

Selon lui, cette mesure va ‘’hypothéquer complètement l’avenir industriel du pays et faire du mal aux entreprises productrices’’. Des entreprises qui ‘’vont se retrouver dans une situation de marché clos ce qui produira inévitablement le déclin de la qualité’’ assure-t-il.

 ‘’La rareté des importations va provoquer une augmentation importante de la demande locale. Une situation dans laquelle, les producteurs vont beaucoup plus avoir le souci de vendre que de proposer des produits de qualité’’, explique-t-il.

 Le président du CARE dit ne pas craindre la concurrence étrangère à condition de bénéficier des mêmes avantages dont aurait bénéficié son concurrent étranger dans son pays.

Il admet que ce qui est valable pour l’industrie de la boisson peut ne pas l’être pour d’autres industries, d’où la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’avoir une certaine capacité de discernement leur permettant de prendre en considération les spécificités de chaque secteur.

Enfermés dans la LFC 2009

 M. Othmani rappelle que la rationalisation des importations est l’une des six pistes permettant de combler le déficit. Les cinq autres pistes sont celles des IDE (Investissements directs étrangers), des transferts de la diaspora, de la gestion active des réserves de changes, du développement des exportations et de la gestion efficace de la dette.

 L’invité de Radio M déplore le fait qu’aucune de ces cinq pistes n’a été prise au sérieux par les pouvoirs publics. ‘’Lorsque vous voyez ce qui a été fait vous vous demandez si l’on est conscient de ce que l’on est en train de faire comme mal à ce pays’’, regrette-t-il.

 De son point de vue, il est impératif pour l’Algérie de faire le nécessaire pour encourager les IDE, les transferts de devises de diaspora et d’assurer une gestion active des réserves de change.  ‘’Nous n’arrivons pas à nous ouvrir au monde’’ a-t-il souligné.

  La règle du 51/49 n’est pas applicable partout, ajoutant que les IDE ont besoin de ‘’stabilité juridique’’ et de ‘’visibilité’’. Les IDE sont ‘’pointés du doigt’’ alors qu’on doit avoir une ‘’relation apaisée avec le monde’’.  Sans compter ‘’l’existence de règles non-écrites qui sont extrêmement dures’’ qui font que l’entrepreneur algérien ne se sont pas chez lui. "Nous sommes enfermés dans la loi de finance complémentaires (2009) la plus restrictive" a-t-il souligné.

Source: 
Maghreb emergent