Sonelgaz face à de multiples défis : Quelle stratégie ?

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Dr. Abderrahmane Mebtoul, économiste algérien et expert international en management stratégique

Consommation record de l’électricité, recherche du prix juste, délestage… autant de sujets qui font ces jours-ci l’actualité énergétique. A ce sujet, Abderrahmane Mebtoul, expert international, relève que la mission de Sonelgaz ne sera pas de tout repos, expliquant que la mobilisation des financements risque d’être un exercice compliqué dans un contexte de contraction de ressources. S’appuyant sur une baisse des ressources en devises, une rigueur budgétaire à tous les secteurs, une situation de déficit structurel, l’expert s’interroge : quelle sera la marge de manœuvre du nouveau DG de Sonelgaz ? Dans son analyse, le Pr Mebtoul explique que les principaux défis sont la nécessité de revoir l’organisation du groupe afin de recentrer sa mission, réaffirmer les responsabilités, consolider et renforcer l’encadrement. Il est également question de choisir les actions à même de générer des plus-values avec le minimum d’investissements, d’amorcer un exercice d’évaluation systématique, continue et responsable des actions du groupe, et d’engager une nouvelle réforme de la loi sur l’électricité et le gaz datant de 2002. Objectif: «Permettre de réévaluer le rôle du régulateur, à savoir la CREG, et qui ne s’est pas, pour l’heure, totalement appropriée ses missions, notamment en ce qui concerne le volet lié à la gestion des appels d’offres pour la réalisation de centrales électriques», ajoute l’universitaire. D’autre part, il rebondit sur les causes essentielles des difficultés financières de Sonelgaz. Et cite, entre autres, le gel des tarifs qui génère, selon lui, un déficit de trésorerie. Les déficits les plus importants sont générés par les sociétés de distribution de l’électricité et du gaz en raison de la faiblesse de leurs revenus, comparé à l’importance de leurs charges. Même si les rapports de Sonelgaz ne le disent pas ouvertement, ils suggèrent, d’une façon à peine voilée, «une augmentation des tarifs ou alors le gouvernement doit mettre la main à la poche». L’augmentation souhaitable des tarifs selon le rapport Sonelgaz, explique l’expert, devraient être revalorisés de 11% par an pour pouvoir financer les investissements de Sonelgaz induits par l’augmentation de la capacité de production. Sonelgaz propose à ce effet de procéder par étapes en augmentant, dans un premier temps, la tarification pour les gros consommateurs, ce qui induira une hausse des prix des produits et par là l’inflation. En termes de chiffres, les besoins en gaz de Sonelgaz pour la seule génération électrique sont passés de 12 milliards de mètres cubes en 2000 à 27 milliards en 2014, et pourraient bien dépasser les 60 milliards de mètres cubes à l’horizon 2030 et 100 milliards en 2040. L’autre raison évoquée par le Pr Mebtoul a trait au fait que le groupe peine à recouvrer ses créances dont la moitié est à l’actif des entreprises publiques, 20 % à l’actif des entreprises économiques et 30 % générés par des clients physiques. S’y ajoutent les branchements anarchiques, le taux de pertes de l’électricité (19,52% pour 2016) et une perte annuelle de 10 milliards de dinars à cause de la fraude.
Fouad Irnatene

Source: 
EL Moudjahid