Un nouveau modèle de croissance nécessite la diversification des sources de financement

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Souhil Meddah

Souhil Meddah. Expert Financier, Promoteur en Bourse chez RMG Consulting et Membre de l'UNI. Oran | Algérie. 

Lors de sa dernière sortie, le chef de l’Etat a appelé à éviter l’endettement extérieur, alors que cette option a été soulevée auparavant. Qu’en pensez-vous ?

Sur le plan analyse et partant du modèle économique actuel, l’enjeu de la dette publique extérieure se résume dans l’équilibre entre le recours vers une diversification des sources de financement pour répondre à des besoins en emplois en amont, lesquels seront chargés de créer en aval des valeurs, des richesses et aussi d’autres sources nouvelles destinées à couvrir la capacité de remboursement des sources initiales par endettement.

Donc, la principale question réside dans le comment garantir une soutenabilité progressive de remboursement à moyen terme. Dans cet état de fait, deux probabilités se présentent, l’une qui concerne la continuité, tout en misant sur un retour d’investissement capté à partir des unités naissantes du secteur privé qui auront comme objectif de consommer les services des investissements lourds réalisés par l’Etat par voie de monétisation de ces infrastructures, mais surtout de pouvoir dégager une compétitivité proportionnellement élevée afin de répondre à la demande intérieure et aussi d’émerger vers des marchés extérieurs pouvant balancer l’équilibre entre la demande et l’offre de la monnaie nationale et les monnaies étrangères, en passant et en contribuant à l’alimentation du stock en devise étrangère pour l’économie nationale.

 

C’est-à-dire que le stock provenant d’un endettement direct par les diverses voies (bilatérales, multilatérales, marché financier, ou les dettes implicites) devrait être compensé dans le cadre macro-économique par les couvertures de l’activité économique mais avec l’émergence d’un tissu industriel piloté par les opérateurs économiques capables de relever le défi.La deuxième probabilité concerne la diversification souhaitée dans le secteur des énergies, notamment pour les énergies renouvelables, qui permettront d’une part d’élargir une gamme des exportations de diverses formes et aussi de répondre au besoin de substitution dans la consommation énergétique intérieure, permettant au passage d’orienter les économies d’énergie conventionnels du marché intérieur vers les exportations en augmentant le potentiel des quantités exportables.Toute cette synergie plus ou moins généralisée, qui doit être compatible avec le nouveau modèle de croissance annoncé à travers ces diverses phases, n’a pas encore livré ses indices principaux directes dans sa mise en place, et de ce fait la décision des pouvoirs publics de se maintenir en position d’attente, se traduit par le besoin imminent de rester sur un cadre macro-économique stabilisé basé sur un plan de rigueur ayant comme objet de conserver les stocks en devises le plus longtemps possible à travers la limitation des importations dans le temps et par le plafonnement de la dépense publique.

Quels sont justement les risques dans ce cadre ?

Comme évoqué plus haut, le principal risque réside dans le rôle des ressources créées en aval pour garantir la soutenabilité et la résilience à moyen terme pour couvrir l’endettement extérieur concerné, car un cycle de financement doit en amont avoir des projections sur les retours sur investissement. Actuellement, notre stock en réserves affiche un niveau favorable, mais vers une tendance défavorable, du fait de la limitation des ressources d’alimentation de ce stock à partir d’un seul secteur moteur. Donc, le recours à un endettement dans le cadre d’une diversification financière doit à la fois être ciblé sur le plan de son utilité et de sa capacité à générer d’autres ressources qui passeront par les mêmes rubriques de réserves afin de permettre une couverture permanente du besoin en remboursement de la dette et sa rémunération, tout en garantissant une marge de plus-value dégagée sur le niveau des stocks en devise restants.  

La situation financière de l’Algérie lui permet-elle réellement d’éviter le recours à cette solution ?

 

Avec le contre-choc du marché pétrolier, les ressources se raréfient et la réaction des pouvoirs publics jusqu’à ce jour se limite uniquement à la gestion des stocks en devises (limitation des importations, etc.). Et pour la mise en œuvre d’un nouveau modèle de croissance, qui véhicule avec lui à travers ses phases une ambition d’investir, le but de générer des activités extraverties à partir des bases infrastructurelles et des investissements projetés nécessitera sûrement le recours à une diversification des sources de financement d’où l’endettement extérieur sous toutes ses formes sera une option comme les autres sources possibles. L’endettement extérieur dans les normes sera une option comme les autres sources possibles. Le plus important est que cet endettement soit  ciblé, prudent et non excessif.

Samira Imadalou

Source: 
EL Watan